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10. Drogues injectables, travail du sexe au masculin, VIH et sida au Canada
Drogues injectables, travail du sexe au masculin, VIH et sida au Canada

Après les études sur les jeunes de la rue et les jeunes hommes travailleurs du sexe, l'autre grande source d'information sur la prostitution masculine, le VIH et le sida au Canada sont les projets de recherche, effectués aux fins de prévention, sur les utilisateurs de drogues injectables. Bien qu'on trouve des données liées au comportement des hommes qui utilisent des drogues injectables et se livrent aussi à la prostitution, il n'existe pratiquement rien sur le comportement des travailleurs du sexe hommes qui s'injectent aussi des drogues intraveineuses.

Le nombre d'infections au VIH parmi les utilisateurs de drogues injectables au Canada n'a cessé d'augmenter depuis l'apparition de l'épidémie du VIH au début des années 1980. Sur les 3 000 à 5 000 cas d'infection à VIH enregistrés au Canada en 1996, près de la moitié frappent des utilisateurs de drogues injectables.150

Certains hommes qui utilisent des drogues injectables ont des rapports sexuels en échange de denrées, d'argent ou de drogues, pourtant on ne sait pas grand chose sur ce qui différencie les hommes qui se prostituent et s'injectent des drogues de ceux qui se prostituent, mais ne s'injectent pas de drogues, ni des hommes qui s'injectent des drogues, mais ne se prostituent pas.

Comportement sexuel et utilisation du condom parmi les travailleurs du sexe hommes qui s'injectent des drogues

Une étude effectuée à Toronto entre 1991 et 1994, dans le cadre d'une collaboration internationale parrainée par l'Organisation mondiale de la santé, s'intéressait à différents groupes d'utilisateurs de drogues injectables suivant un traitement pour toxicomanie.151 De 1991 à 1994, on recruta chaque année près de 400 hommes utilisant des drogues injectables auprès de programmes d'échanges de seringues et d'autres organismes communautaires desservant cette clientèle. 152 Entre 3 % et 9 % d'entre eux avaient eu des rapports sexuels rémunérés avec des hommes. Près de 50 % de ceux qui avaient eu des rapports sexuels rémunérés avec des femmes déclarèrent utiliser toujours un condom pour la pénétration vaginale contre quelque 19 % qui ne le faisaient jamais. En 1991-1992, 40 % des travailleurs du sexe hommes qui s'injectaient des drogues rapportèrent utiliser toujours un condom dans leurs relations anales avec leurs clients hommes, contre 10 % qui ne le faisaient jamais. En 1992-1993, 67 % utilisaient toujours un condom et 0 % jamais, et en 1993-1994, 77 % le faisaient toujours et 12 % jamais.

En 1993, selon l'analyse de données provenant de 907 utilisateurs de drogues injectables de Montréal, ceux qui avaient aussi des rapports sexuels rémunérés utilisaient un condom au moins 51 % du temps avec leurs clients, 35 % du temps avec des partenaires occasionnels et 10 % du temps avec leurs partenaires habituels.153

Dans une étude effectuée dans l'Est du Canada, et publiée en 1994, on évalue le programme d'échange de seringues par le biais d'entrevues avec des participants. Sur les 552 hommes utilisant des drogues injectables, 34 % indiquent avoir eu des rapports sexuels avec des hommes au cours des trois derniers mois en échange d'argent, de denrées ou de drogues. Quatre-vingt-seize pour cent rapportent avoir pratiqué la fellation avec un client du même sexe au cours de la même période, et 46 % avoir eu des relations anales avec un client du même sexe. Soixante-douze pour cent utilisent toujours un condom pour la pénétration anale et 29 % jamais.154

Selon une analyse, présentée en 1997, sur les participants à un programme d'échange de seringues d'Ottawa et de la province de Québec, 7 % des 2 475 hommes sondés déclarent avoir eu des clients du même sexe, 64 % d'entre eux n'utilisent jamais ou que de temps en temps un condom avec leurs clients. En outre, plus de 4 % de ces hommes ont des partenaires habituels du même sexe, et 73 % n'utilisent jamais ou que de temps en temps un condom. Près de 7 % ont des partenaires occasionnels du même sexe et 75 % n'utilisent jamais ou que de temps en temps un condom.155

VIH, sida et travailleurs du sexe hommes qui s'injectent des drogues

Au Canada, comme dans d'autres pays développés, les taux d'infection à VIH des travailleurs du sexe hommes et des travailleurs du sexe hommes qui s'injectent aussi des drogues sont plus élevés que ceux de leurs homologues femmes qui ne s'injectent pas de drogues.156

Une étude effectuée en Colombie-Britannique en 1989 sur le test de dépistage du VIH chez 199 marginaux de la rue, dont 69 % sont des hommes, révèle que sur 33 des travailleurs du sexe hommes bisexuels qui s'injectent des drogues, quatre (12,1 %) sont porteurs du VIH. En outre, trois des 29 travailleurs du sexe bisexuels qui ne s'injectent pas de drogues sont également porteurs du VIH (10,3 %).157

En 1993, une mise à jour de cette étude menée entre 1988 et 1992 sur des marginaux de la rue, et notamment sur des utilisateurs de drogues injectables, indique que le taux d'infection à VIH sur cinq ans est de 6,4 % chez 825 de ces personnes, et que les rapports sexuels entre hommes est un facteur de risque important.158

Une autre étude, effectuée cette fois en Colombie-Britannique en 1994, présente une analyse des rapports trimestriels sur le VIH entre 1989 et 1994. Les auteurs ne notent aucune augmentation du taux de résultats positifs au test de dépistage du VIH parmi ceux dont le travail du sexe est le seul facteur de risque possible, mais un taux croissant de séropositivité chez les travailleurs du sexe qui s'injectent aussi des drogues entre 1991 et 1993.159

Une troisième étude menée en Colombie-Britannique, et également présentée en 1994, révèle que 5,3 % ou 17 utilisateurs de drogues injectables sur 322 suivis sur une période de 18 mois sont porteurs du VIH. Ceux qui ont des résultats positifs indiquent plus souvent avoir eu des rapports sexuels rémunérés que ceux qui sont séronégatifs.160

Selon les résultats d'une quatrième étude faite en Colombie-Britannique, parus dans un document de consultation publié en 1996 :

les risques associés à la prostitution sont élevés. On constate une recrudescence des maladies transmises sexuellement chez les prostitués et leurs clients; le taux de séropositivité a augmenté chez les prostitués et particulièrement chez les utilisateurs de drogues injectables.161 [Traduction libre]

Une analyse publiée en 1993 à Montréal portant sur 907 utilisateurs de drogues injectables, travailleurs du sexe ou non, indique que la prostitution est plus courante chez les femmes qui s'injectent des drogues (51 %) que chez les hommes (16 %). Toutefois, le nombre de cas d'infection à VIH est plus élevé chez les hommes (27,2 %) que chez les femmes (15,2 %). Les comportements à risque qui ont les plus graves conséquences pour les utilisateurs de drogues injectables (qu'ils soient hommes ou femmes) déclarant se livrer aussi à la prostitution sont : fréquenter des lieux où on vend et s'injecte des drogues, être gais ou bisexuels, avoir plusieurs partenaires sexuels et avoir été en prison. Le document conclut que les utilisateurs de drogues injectables hommes qui se livrent aussi à la prostitution doivent recourir à des mesures de prévention supplémentaires en plus de celles qu'on prône habituellement pour les personnes qui s'injectent des drogues.162

En 1996, dans une deuxième analyse des données mentionnées ci-dessus, on a décidé de diviser l'échantillon entre 694 utilisateurs de drogues injectables suivant un traitement et 213 n'en suivant pas. On découvre que les utilisateurs de drogues injectables qui se livrent aussi à la prostitution et ne suivent pas de traitement sont plus nombreux à être porteurs du VIH que ceux qui suivent un traitement. Les taux d'infection à VIH des utilisateurs de drogues injectables hommes qui ont aussi des rapports sexuels rémunérés sont plus élevés que ceux de leurs homologues femmes.163

Au Québec encore, des chercheurs ont réuni des données sur 831 utilisateurs de drogues injectables faisant partie du programme d'échange de seringues de la ville de Québec entre 1993 et 1995. D'après un de leurs rapports, publié en 1994, sur 212 utilisateurs de drogues injectables, quatre sur 14, ou 28 %, se livrant aussi à la prostitution sont porteurs du VIH, comparés à 10 %, ou 18 sur 186, qui ne se livrent pas à la prostitution.164

Un deuxième rapport provenant de l'étude de Québec, et publié en 1996, décrit une analyse qualitative des réseaux de 25 personnes dont les comportements sont particulièrement à risque et qui passent le plus clair de leur temps avec d'autres utilisateurs de drogues injectables. Le document révèle que les utilisateurs de drogues injectables, qui sont surtout des hommes bisexuels se livrant aussi à la prostitution, fréquentent les mêmes réseaux sociaux que les femmes de ce sous-échantillon. Ces hommes ont un taux d'exposition par le partage des seringues moins élevé que celui des femmes, mais se livrent à des activités sexuelles présentant davantage de risques. Ils sont en rapport avec des toxicomanes qui s'injectent régulièrement des drogues et d'autres qui ne s'en injectent pas; ils s'échangent les seringues entre eux, mais parfois avec des travailleuses du sexe. Le rapport indique :

comprendre les rapports de cause à effet entre le réseau de la prostitution et celui de l'UDI nous permettra de mettre en place les mesures d'intervention sociale nécessaires pour réduire la transmission du VIH.165 [Traduction libre]

Données sur les détenus qui s'injectent des drogues et se livrent aussi à la prostitution

Certaines études canadiennes sur les détenus offrent aussi de l'information sur les hommes qui s'injectent des drogues et se livrent à la prostitution. Une analyse effectuée en Ontario, en 1998, dans six établissements correctionnels de la province sur des échantillons prélevés à tous les niveaux de sécurité, nous apprend que cinq détenus hommes sur 432 (1 %) ont eu des rapports sexuels en échange d'argent ou de drogues et trois sur cinq l'ont fait dans l'année. Parmi ces détenus, deux sont hétérosexuels, un homosexuel, un bisexuel et un autre trans-genderiste. Trois sur cinq se sont injecté des drogues à un moment ou à un autre, et deux l'ont fait l'année qui a précédé leur incarcération. Aucun des deux utilisateurs récents de drogues injectables n'a partagé de seringues, et aucun des cinq détenus s'étant livrés à la prostitution n'indique avoir eu des rapports sexuels non protégés en dehors de la prison dans l'année précédant son incarcération. Quatre sur cinq déclarent avoir déjà subi le test de dépistage du VIH et deux sont porteurs du VIH.166

Selon un rapport fait au Québec en 1995, 12 % de 41 détenus hommes ayant déclaré s'être déjà livrés à la prostitution étaient porteurs du VIH. Les auteurs notent que tous les porteurs du VIH, et ceux qui s'étaient livrés à la prostitution, étaient aussi des utilisateurs de drogues injectables.167

Recherche par les pairs sur les méfaits des drogues chez les travailleurs du sexe hommes

En 1994, Maggie's, le Toronto Prostitutes' Community Service Project, a effectué une évaluation par les pairs sur les méfaits des drogues chez les travailleurs du sexe. En tout, 161 personnes se livrant à la prostitution et utilisant des drogues avaient accepté d'être interrogées. Un tiers étaient des hommes qui s'étaient prostitués, en moyenne, pendant plus de cinq ans.

Lorsqu'on leur a demandé s'ils s'étaient déjà livrés à des activités qu'ils auraient normalement refusé de faire parce qu'ils avaient besoin de drogues, les travailleurs du sexe hommes ont répondu :

J'ai eu des rapports sexuels présentant davantage de risques que je ne l'aurais fait normalement. J'ai aussi fait des passes beaucoup plus longues que je ne l'aurais fait normalement.

À quelques reprises, pour avoir de la drogue, je laissé un client m'enculer pour me faire plus d'argent.

Je suis toujours très prudent. Je tiens trop à la vie pour faire une connerie.

Je fais tout avec un condom sauf lorsque je masturbe à la main… Je crois que j'ai plus les pieds sur terre que beaucoup de prostitués de la rue. C'est incroyable, mais nombre de ces hommes et femmes se livrent à la prostitution alors qu'ils sont complètement drogués; c'est dans cet état qu'ils travaillent la plupart du temps. Je me demande … s'ils se rendaient compte tout d'un coup qu'ils n'ont pas de condom sur eux, et qu'ils ont besoin d'une dose, est-ce qu'ils se donneraient le mal d'en trouver [un condom] avant de faire leur prochaine passe? Moi et tous ceux que je connais, on se protège dans tout ce qu'on fait.168



Références

  1. SANTÉ CANADA. Comportements à risque chez les utilisateurs de drogues injectables au Canada, Ottawa, Santé Canada, Laboratoire de lutte contre la maladie, Bureau du VIH/sida, des MTS et de la tuberculose, Actualités en épidémiologie sur le VIH/sida, 1997. [back]

151. MILLSON, P., COATES, R., RANKIN, J., MYERS, T., MCLAUGHLIN, B., MAJOR, C. et MINDELL, W. The Evaluation of a Program to Prevent Human Immunodeficiency Virus in Injection Drug Users in Toronto, rapport final présenté au Bureau de la santé de Toronto, Université de Toronto, septembre 1991; MILLSON, P., MYERS, T., RANKIN, J., FEARON, M., MAJOR, C. et RIGBY. J. «Drug Injection and Risk of HIV Study Update — Toronto», dans The Proceedings of the Meeting on HIV Infection Among Injection Drug Users in Canada, Ottawa, Santé Canada, Laboratoire de lutte contre la maladie, 1994.

152. Dans le cadre de cette étude torontoise sur les drogues injectables et le risque d'infection à VIH, qui portait sur des sous-échantillons de travailleurs du sexe interrogés sur leurs comportements avec des clients masculins et féminins, on recrutait de 372 à 414 utilisateurs de drogues injectables par an.

153. LAMOTHE, F., BRUNEAU, J., SOTO, J., LACHANCE, N., VINCELETTE, J. et BRABANT, M. Behaviours of Male and Female Intravenous Drug Users (IVDUs) Involved in Prostitution in Montréal, Québec, Canada, communication faite dans le cadre de la IXe Conférence internationale sur le SIDA, Berlin, Allemagne, juin 1993.

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168. MAGGIE'S: THE TORONTO PROSTITUTES' COMMUNITY SERVICE PROJECT. Report on Assessing the Need to Reduce Drug-Related Harm Among Prostitutes Who Use Drugs, Ottawa, Santé Canada, Bureau de la promotion de la santé et du développement social, Dossier no 6552-2-371, 1994.

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Created: February 5, 2000
Last modified: February 5, 2000
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